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Poly-son
Poly-son

Je marche dans la brume.
Des pistes en carrelages poétiques se déroulent sans harmonie.
Sans harmonie aucune.

Ils sont de multiples échos, des grimaces qui se torsadent autour de moi ; ils sont des mangeurs de sens.

Le chemin se borde de végétaux en V jetables. J'entends les coups répétés dans les tympans de la victime. Graves et assourdis. C'est sur le silencieux que je marche.

Je baisse les yeux. Qui est en-bas ? Je ne sais qu'une chose : c'est la victime. Je foule d'un pas de plus, une fois de plus, les anti-accords en carrés mal rangés. Le chemin s'étend toujours plus loin.

Je sens mes doigts se serrer sur quelque chose, qui est probablement eux. Ces salopards qui jouent avec nous.

Elles se déroulent, c'est beau. Les torsades. L'histoire est passée. Je foule du regard un nouvel objet : c'est moi.

J'ai trouvé mon temps, qui s'était une fois faufilé entre les dalles, jusqu'à suinter au-travers de chacune des failles de mon environnement. Je le hais.

Je marche dans la brume.
Ils sont présents.
Mes ennemis.




Une empreinte s'éteint sur mon plateau de cœur.
Personne ne l'entend se carrer, à en déteindre,
sous un bouquet de fleurs dont le rouge est en pleurs
Et s'étend doucement. Échec. Je vais l'étreindre
Après avoir laissé tomber à terre un roi
En bois d'ébène blanc. Fier, allongé et droit…

Les pistes sous mes pas s'allument doucement.
Et j'avance en corps le l'on d'un carre-l'âge ;
Le moi d'un marécage ici, péniblement
Suinte au sol, traîne encore, tombe enfin dans sa cage
Où le verre est poli. Et les barreaux sont sombres,
Et les éclats de fondre osent luire à l'ombre.

Ils sourient vermeille à des cieux ébahis,
Traduisant leur plaisir à trahir le réel.
Ils arment le dallage avec l'or de l'habit
De pétales alors à nu — de blanches ailes
Autour desquelles les tiges vont se lover,
Libérées de leur rouge, s'envolant en V.

Les sanglots longs. L'accord se rompt, corde de troncs
Désormais fendillée sous l'écorce joueuse
Qui aimait se parer des papillons citron
Échappés du marais de ma peau doucereuse.
Elle rit de libérer ces monstres zélés
Déchiquetant gaiement le ciel étoilé.